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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:35

Johnny be Gode ou Cinquante et une nuances de Grey, Man...

Nigel GREYMAN : Butterface.

En ce mois de mai 1972, Karl Gut, chasseur de primes, est en mission dans l'Ohio à la recherche d'un certain Whity Bullfrog.

Il s'empresse de déguerpir de Gulch City la queue entre les jambes, son bon cœur l'ayant encore une fois obligé à honorer une brunette qui est délaissée par son mari qui travaille de nuit. Ce brave homme est rentré chez lui un peu plus tôt que prévu, alors que Karl avait contenté grâce à Johnny, son membre associé en amour, cette quémandeuse de frissons. D'ailleurs des frissons ils en ont eu tous les deux avec ajouts d'accessoires dans les parties intimes et suppléments de drogue en injection pour finir. Mais avant de s'esbigner à bord de son véhicule Karl a pris soin de se servir en dollars trouvés dans un tiroir tandis que la gente dame se lavait les coins et les recoins.

Bref Karl Gut fonce sur la route lorsqu'il aperçoit une fort aimable jeune fille, marchant à pieds sur le bitume, portant une lourde valise à bout de bras, ce qui risque de la déformer ce qui serait dommage. La conversation s'engage dans le véhicule et la jeune femme, Butterface, est fort intriguée par le moignon qu'arbore Karl Gut. Il a perdu sa main gauche au Vietnam, et ne l'a jamais retrouvée. Elle n'était pas en stock aux objets trouvés. Cela ne l'empêche pas de batifoler et il le démontrera à plusieurs reprises, ce moignon mignon pouvant suppléer par exemple un membre ou un accessoire quelconque lors des travaux de l'amour.

Sans complexe ni vergogne Butterface propose qu'ils prennent à l'hôtel qu'une chambre, histoire de réduire les frais et de se réchauffer. Elle veut savoir si Karl n'a qu'un moignon, ou si le reste n'a pas été amputé, aussi durant toute la nuit ils vont s'explorer mutuellement dans tous les plis et replis. Au petit matin, lorsque Karl se réveille fourbu mais satisfait, la belle s'est éclipsée, laissant sous le lit sa lourde valise. Pas banal le contenu...

Karl va poursuivre ses missions mais non plus en recherchant Whity Bullfrog, et on le retrouve quelques années plus tard, alors qu'il doit assister à Chicago à un congrès du syndicat des chasseurs de primes. Il retrouvera Butterface, mais n'aura pas l'occasion de l'approcher.

Des femmes il en rencontrera, des jeunes, des moins jeunes, des joufflues, des mafflues, des mamelues, des enrobées, des dodues, des callipyges, des moins sculptées mais toujours des goulues de sexe, dans toutes les positions, même celles qui ne sont pas recensées dans le Kâma-Sûtra. Forcément, depuis que cet ouvrage a été rédigé pour pallier le manque de vidéos et de sites internet spécialisés dans la démonstration d'une copulation réussie avec un ou plusieurs partenaires, l'homme et la femme n'ont eu de cesse d'améliorer les échanges et les emboîtages destinés au simulacre de la reproduction.

Donc nous suivons Karl Gut dans diverses affaires qui le requièrent, avec toujours en ligne de mire sa Butterface dont il est tombé amoureux, et satisfaisant à moult reprises sa libido et celles de partenaires non seulement consentantes, mais au contraire demandeuses et avides.

 

Comme vous l'aurez compris ce livre, qui est avant tout un roman policier noir, quoi que, Butterface est aussi un roman érotique décliné parfois crûment, parfois avec poésie. Et on y apprend que l'amour au téléphone possède certains avantages, dont celui de satisfaire une partenaire à distance sans se fouler le poignet. Nigel Greyman nous propose même une solution pour reconnaître une jumelle de sa sœur, mais à condition que celle-ci soit dans le plus simple appareil.

 

Comment lire un tel roman quand on n'a qu'un moignon à la place d'une main et que l'autre menotte est occupée par ailleurs, tel est le problème qui se pose mais peut être résolu si l'on s'y met à deux, l'un lisant la page de gauche, le ou la partenaire s'occupant de la page de droite, ou vice versa...

 

Il est de notoriété de vigneron que les Américains ne sont pas férus en œnologie. Aussi confondre Morgon qui est une appellation du Beaujolais comme un Bourgogne ne m'étonne pas. Mais que le traducteur ait laissé passer cette bourde, cela m'abasourdit quelque peu, à moins qu'il ait préféré montrer qu'il respectait fidèlement le texte originel !

 

A lire en écoutant un bon vieux disque de Buddy Guy....

 

Ce roman se décline en quatre épisodes intitulés : Un trou dans l'Ohio, Chica go home, Balles à blanche, Label du saigneur. Vous pouvez retrouver Butterface en version numérique sous le titre Butterface passion (SKA) à télécharger sur toutes les plateformes de librairies numériques en ligne. Egalement paru en feuilleton de 4 épisodes chez SKA.

Nigel GREYMAN : Butterface. Traduction de l'anglais par Max Obione. Editions du Horsain. Parution le 16 août 2015. 174 pages. 8,00€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 23/08/2015 20:08

A lire le titre, je n'aurais pas pensé un instant à un roman érotique. L'auteur cache bien son jeu.

Oncle Paul 23/08/2015 20:48

Plus que tu le penses Alex...

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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