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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 12:38

Toujours dans les mauvais coups ces braves bêtes...

James HOLIN : Sacré temps de chien.

Après avoir été journaliste d'investigation dans de grands magazines parisiens, Mireille Panckoucke végète depuis deux ou trois ans au Courrier picard, journal dans lequel elle fit ses débuts.

La maladie l'a mise sur la touche et elle est revenue au pays en compagnie d'Alexandre, critique cinématographique toujours parti par monts et par vaux, et de sa fille Julie vingt ans. Et elle s'est installée en baie de Somme à Saint-Valéry comme correspondante locale. Jérôme Coucy, le rédacteur en chef du Courrier picard qui fut son premier mari et père de Julie, est embêté à cause de la défection d'un de ses journalistes. Aussi il demande à Mireille de pallier cette absence.

Les élections législatives approchent et elle doit suivre la campagne d'un candidat parachuté dans la circonscription, un nommé Mirlitouze inconnu au bataillon. Malgré ses réticences car elle ne fait pas de politique, Mireille veut bien tenir le rôle qui lui est dévolu, mais une autre affaire l'accapare. Deux corps ont été repêchés par un chalut, et les premières constatations ne sont pas en faveur d'une noyade accidentelle. D'autant que les cadavres appartenaient à une association écologique, Mare nostrum. La gendarmerie locale refile le bébé à la gendarmerie maritime, gérée par le major Lécuyer dont elle a fait la connaissance lors d'une affaire précédente.

Pendant ce temps, à la prison de Fleury-Mérogis, c'est la levée d'écrou pour Albert Emery, petit truand qui vient de purger deux ans de taule pour des braquages dans la région de Boulogne-sur-mer. Il décide de revenir dans sa région, la baie de Somme, mais est interdit de séjour à Boulogne, lieu de ses méfaits. Sa motivation réside en une grosse poignée d'argent dont il aurait été spolié par l'un de ses complices. Mais pour cela il faut mettre la main dessus. C'est-à-dire retrouver François le Boulanger, lequel l'a roulé dans la farine

Les chemins d'Albert Emery et de Mireille Panckoucke vont se croiser, pour le meilleur et pour le pire.

Traversant ce roman à bord de son taxi, Maxime Pankratov, d'origine russe, aux idées quelque peu fascistes, et d'autres personnages qui se révèlent hauts en couleurs au fil des pages. Ce qui permet à l'auteur d'asséner quelques vérités, notamment sur les politiciens et la politique.

 

Ce livre possède les qualités et les défauts d'un premier roman. Des scènes très vivantes, visuelles, cocasses, tragiques, émouvantes, ainsi que des dialogues crédibles même si l'on s'amuse aux propos échangés entre Mireille et Alexandre, l'une tutoyant l'autre et l'autre vouvoyant la première.

On retiendra par exemple la sortie en mer malgré la tempête, le courage démontré par Albert Emery. Ou encore la scène nocturne que surprend Mireille dans le château d'Orival, propriété du père du prétendant de Julie, Alexandre ayant été invité à une partie de chasse. Partie de chasse qui elle-même ne manque pas de piquant. Ou encore cet épisode hilarant (de la baie de Somme) entre Leleu, un gros (dans tous les sens du terme) mareyeur et armateur de pêche de la région, qui se présente aux élections et Mirlitouze lors d'une criée.

Seulement quelques petites erreurs, quelques contradictions, qui ne sont pas graves mais gâchent le plaisir se sont glissées dans le texte, par exemple sur l'âge de Mireille. Au début, par déduction on peut attribuer une quarantaine d'années à Mireille, mais vers la fin elle affiche sereinement ses cinquante cinq ans. Et personnellement je n'imaginais pas Mireille en femme couguar, mais après tout pourquoi pas. Quant à Albert Emery, son caractère évolue au fil de l'action, ce qui n'est pas plus mal, tout en gardant son désir de revanche.

Il n'était ni de droite, ni de gauche, ni de rien. La seule chose sûre, c'est que les partis, comme tous les groupements, du reste, lui faisaient horreur. Cela lui semblait la négation de l'intelligence et de la liberté. Aller s'embrigader volontairement, perdre du temps, la chose la plus précieuse, pour servir les appétits de pouvoir de médiocres cyniques, était pour lui de la dernière folie.

James HOLIN : Sacré temps de chien. Collection Polars en Nord N° 191. Editions Ravet-Anceau. Parution le 6 juillet 2015. 240 pages. 11,00€.

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commentaires

Sibylline 13/06/2016 20:33

"Il n'était ni de droite, ni de gauche, ni de rien."
Il était peut-être du Milieu?...

Oncle Paul 13/06/2016 20:42

Il était libre, indépendant, et non inféodé... Du Milieu, pourquoi pas...

Alex-Mot-à-Mots 18/08/2015 21:39

Décidément, les auteurs ont du mal avec l'âge de certains de leurs personnages.....

Oncle Paul 19/08/2015 08:54

Ils sont pris par l'action, et le temps passe trop vite pour eux...

Pierre FAVEROLLE 18/08/2015 14:53

Salut Paul, celui ci devrait bientôt passer à la moulinette chez moi ! Amitiés

Oncle Paul 18/08/2015 14:54

Bonne pêche alors Pierre
Amitiés

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