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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 11:17

Une lady avec un nom de médicament, normal pour un écrivain médecin !

Arthur Conan DOYLE : L'horrible agonie de Lady Sannox.

Le nom de Sir Arthur Conan Doyle est indéfectiblement lié à celui de Sherlock Holmes, pourtant les ouvrages mettant en scène le célèbre détective ne représentent qu'une faible partie de l'œuvre du grand romancier britannique. Outre ses romans historiques, ceux de science-fiction, ou de spiritualisme, Conan Doyle a écrit bon nombre de romans et de nouvelles ayant trait à son statut de médecin.

Un pan de son œuvre est en partie oubliée comme ce titre, L'horrible agonie de Lady Sannox, qui est un recueil de nouvelles, à classer dans le genre médical.

 

Mais auparavant intéressons-nous à la préface de Robert Barr, construite comme s'il s'agissait d'une conversation réelle, une discussion à bâtons rompus entre l'auteur et le préfacier, qui parlent de choses et d'autres et surtout d'auteurs. Charmante et inhabituelle.

 

L'horrible agonie de Lady Sannox, titre éponyme du recueil, n'est pas due à une maladie mais à sa propension à tromper son mari. Lord Sannox parait beaucoup plus vieux que son âge. On le serait à moins surtout lorsque sa femme sort ostensiblement avec Douglas Stone, célèbre chirurgien opérateur. Ce soir là alors qu'il s'apprête à rejoindre sa belle, Douglas Stone est arrêté dans son élan par un coup de sonnette. Un Turc est là lui proposant une forte somme d'argent pour opérer sa femme. Une opération délicate car celle-ci s'est coupé la lèvre avec un poignard empoisonné. Sa conscience de médecin l'oblige à se rendre sur place, différant son rendez-vous.

 

La malédiction d'Eve nous invite à partager les affres d'un affable commerçant en confection. Marié, il partage avec sa femme son amour pour sa boutique, mais hélas ils n'ont pas d'enfant. Jusqu'au jour où certains changements se précisent. Madame Mère de Madame Johnson est conviée afin d'aider et le jour fatidique, il faut aller chercher un docteur. Et là, ce n'est pas une mince affaire.

 

Le survivant de 1915. Dans le petit village de Woolwich, les commérages vont bon train sur l'âge de Brewster, un vétéran qui a participé à la campagne de Waterloo. Il est obnubilé par l'acte de bravoure qu'il a réalisé et se désole de cette nouvelle armée dont il peut apercevoir les éléments d'un régiment basé dans sa commune. Sa nièce se propose de s'en occuper, assistée du docteur local, et de quelques soldats qui s'ébaubissent lorsqu'il narre ses exploits.

 

La troisième génération nous entraîne dans le cabinet d'un docteur fort occupé. Un patient se présente, pressé, se présentant comme sir Francis Norton et donne sa carte au domestique qui transmet. Il entend bien de l'antichambre des éclats de voix provenant du cabinet comme si deux joueurs s'amusaient aux cartes. Il se plaint d'un tibia, d'une vue un peu faible et d'autres maux. Ce qui fort le toubib qui justement est en train de rédiger une monographie sur le mal dont soufre son patient.

 

Un faux départ met en présence dans une petite localité un vieux docteur rétrograde et un jeune médecin qui désire s'installer. Il faudra qu'un malade, un notable, requiert les services du nouvel arrivant et que celui-ci se montre diplomate pour que soit signée une entente cordiale entre les deux hommes aux visions différentes de la médecine.

 

Sa première opération, comme son titre l'indique, nous plonge dans les affres d'un carabin qui va assister à une opération pratiquée dans un amphithéâtre. Cela sent le vécu.

 

Amoureux, n'est pas celui qui raconte cette histoire, mais un vieil homme qu'il rencontre un matin. Le narrateur, un médecin qui aime prendre le frais tôt dans la journée, admirer la mer et ses bateaux de pêche, la nature dans sa splendeur matutinale, s'assied comme à son habitude sur un banc. Un vieillard le rejoint, ne dis rien, mais de jour en jour son allant se déprécie. Il lit une lettre émanant probablement d'une femme.

 

Enfin, dernier texte, Le chirurgien de Gaster Fell. Le narrateur s'établit dans la petite ville de Kirkby-Malhouse, en plein Yorkshire. Il recherche le calme et la solitude, seulement sa logeuse se montrant trop indiscrète à son gré, il se met en quête d'une autre habitation. Une vieille masure est disponible mais il faut la retaper. En attendant que cette cabane soit habitable il est obligé de cohabiter avec sa logeuse et une nouvelle venue, une jeune femme qui sort la nuit. Intrigué il la suit dans la lande et se heurte à un personnage qu'il aurait préféré ne pas rencontrer.

 

Huit nouvelles, huit contes qui explorent les diverses situations dans lesquelles un médecin, jeune ou vieux, peut être amené à se confronter. Les débuts dans une ville de province, les affres d'une première opération, les relations avec un collègue vieillissant, la jalousie, l'humanisme sans lequel un docteur n'exercerait pas sa profession qui est plus une vocation qu'une charge ou un métier, le tout mêlé d'humour, d'approche de fantastique, de noirceur.

Une autre facette de Sir Arthur Conan Doyle dans laquelle il dépeint des situations auxquelles il a pu être confronté, lui ou ses confrères.

 

Curiosité :

La publication de cet ouvrage date probablement des années 1920, puisqu'il est précisé en avant-dernière page :

Imprimerie française H. Mathon. Wiesbaden (Allemagne occupée).

Arthur Conan DOYLE : L'horrible agonie de Lady Sannox. Préface de Robert Barr. Collection Drames d'histoire et de police. L'Edition Française Illustrée. Sans date. 288 pages.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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commentaires

Claude LE NOCHER 14/08/2015 18:04

Jolie trouvaille de collectionneur, mon cher Paul !
Amitiés.

Oncle Paul 14/08/2015 18:37

Déniché par hasard dans un vide-grenier, mon cher Claude, et il me narguait depuis un bon de temps dans ma bibliothèque. Et c'est pour cela que je délaisse les nouveautés afin de me plonger dorénavant dans mes petites trouvailles accumulées depuis des années.
Amitiés

Xavier Lechard 14/08/2015 18:01

Bien que fan inconditionnel de Sherlock, je me demande si l'amertume de Conan Doyle à l'égard de sa créature n'était pas justifiée, car le personnage a vraiment éclipsé une oeuvre finalement très riche et qui mérite d'être redécouverte. Doyle était plus que le père du plus célèbre détective de tous les temps; il était aussi un très bon, voire un grand, écrivain.

Oncle Paul 14/08/2015 18:41

Si elle était justifiée car Sherlock a occulté tout un pan de son œuvre. Et il est bon de lire certains de ses textes oubliés, comme Rodney Stone, Le gouffre Maracot, La tragédie du Korosko... et bien d'autres romans d'inspiration historique comme le Brigadier Gérard ou La compagnie Blanche et Sir Nigel...

Yv 14/08/2015 15:08

Salut Paul
certains écrivains sont victimes du succès de leurs personnages, il me semble que c'est une des raisons de leurs morts (Sherlock ou Hercule Poirot sont morts du vivant de leurs créateurs il me semble), mais aussi de leurs "résurrections". Ceci étant nombres d'écrivains et pas toujours les moins intéressants ont parfois du mal à faire connaître leurs personnages, c'est donc moindre mal de souffrir d'un trop plein de notoriété
Amicalement,

Oncle Paul 14/08/2015 18:44

Bonjour Yv
Le succès n'est pas programmé et les auteurs sont parfois obligés de satisfaire la demande des lecteurs... Seulement ils sont frustrés lorsque tout un pan de leur œuvre passe à la trappe. Par exemple Maurice Leblanc dont certains romans dans lesquels Arsène Lupin ne figure pas et qui a écrit de charmantes histoires dont Le scandale du Gazon bleu que j'ai eu le plaisir de chroniquer sur ce blog...
Amitiés

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