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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 14:03

Il a le Karma, Sutra...

Samuel SUTRA : La Bonne, la Brute et la Truande.

Il était tranquille Tonton, il ne demandait rien à personne Tonton, et ne voilà-t-il pas que le téléphone lui brise les tympans, et que Donatienne, sa servante issue de baronne préposée pour le décrochement du grelot, s'est enfermée dans les toilettes pour affaires pressantes. Et si encore ce fameux téléphone résonnait dans la maison pour lui annoncer une bonne nouvelle. Mais non.

Le correspondant de Tonton lui propose tout simplement de lui vendre le Waïen-Bicôze, un diamant dont la valeur est estimée à plus de 2 millions d'euros. Une bagatelle. Une paille. Mais coudée la paille, car le Waïen-Bicôze, il connait bien Tonton, il l'a même vu de ses propres yeux. Et depuis un an le diamant repose douillettement dans son parc, enterré profond afin que nul n'y touche.

Cela a débuté un an auparavant lorsque Tonton a appris que le Waïen-Bicôze, toujours, était enfermé dans un coffre-fort de l'hôtel des ventes Drouot. Il avait mené une opération visite des caves qui s'était soldée par la récupération du précieux diamant et désirant laisser les médias s'interroger et l'affaire retomber comme un soufflet, il l'avait enterré dans son parc, avec l'aide de ses complices, dont je vais immédiatement vous faire une présentation rapide car nous en reparlerons. Il y a d'abord Gérard et son neveu Pierre, pas très futé, Bruno qui serait plutôt l'intellectuel de la bande mais qui n'arrive toutefois pas aux chevilles de Tonton et Mamour, l'aveugle, pardon ça ne dit plus, le non-voyant. Et en toile de fond, Donatienne baronne décatie à qui appartient la propriété de Tonton et qui sert de gouvernante, lorsqu'elle n'est pas beurrée, c'est à dire une fenêtre de tir de dix minutes environ par jour.

Donc un an plus tard, Tonton reçoit un appel téléphonique et son correspondant lui propose de lui revendre le Waïen-Bicôze. Aussi le rappel est lancé et les pelles en action. Mais à l'instar des fils du laboureur, ils ont beau retourner le terrain à l'endroit précis et ses environs où devrait se terrer le diamant, celui-ci ne les regarde pas planqué dans sa tombe. Envolé, disparu, carapaté, dissous, et un diamant à dix sous, c'est pas cher, le cher Waïen-Bicôze.

Intrigué Tonton embarque sa fine équipe, sauf Donatienne en train de cuver une énième Charrette, mélange d'alcool dont je vous laisse découvrir la recette dans le livre mais que personnellement je n'envisage pas d'essayer d'ingurgiter.

Et en cours de route, Gérard conduisant mollement, pour une fois, le véhicule devant les mener en Normandie, chacun se remémore les incidents qui ont précédés le vol du diamant, son nom maintenant vous le connaissez, puis ceux survenus après, lors de son enfouissement et même après.

Et c'est ainsi que nous pouvons nous imprégner de l'Evangile selon Gérard, deux paires d'yeux, Bruno à jeun et Mamour qui ne voit rien mais n'en pense pas moins.

 

Si par l'écriture enlevée, parfois semi-argotique, l'humour bon enfant et certains scènes et répliques désopilantes, Samuel Sutra ne peut renier être l'enfant, légitime ou non ceci ne nous regarde pas, d'Alphonse Boudard, de San-Antonio et de Michel Audiard, fils de trois pères et trois paires, il ne faudrait pas oublier deux autres romanciers peut-être un peu oubliés de nos jours mais qui ont compté dans la profession d'amuseurs littéraires. Il s'agit de Michel Lebrun et de Fred Kassak. En effet l'inventivité dont fait preuve Samuel Sutra et les nombreux retournements de situation qu'il incorpore dans son récit et dont les protagonistes ne se rendent pas compte, l'ingéniosité et ce goût de tout en remettre en question alors que l'on pensait que la solution était là, sous nos yeux, font de ce roman un tour de prestidigitation mais tout est pensé, disséqué, étudié, mesuré, et tout s'emboîte, s'imbrique comme un engrenage infernal, huilé, sans à-coups, sans soubresaut, chaque rouage pensant pouvoir vivre sa propre vie oubliant qu'il est dépendant des autres.

 

Prévus en réédition chez Flamant Noir :

Samuel SUTRA : La Bonne, la Brute et la Truande. Sous-titré : Tonton, ses hommes, l'effet salaire. Flamant Noir Editions. Parution le 29 mai 2015. 240 pages. 15,00€.

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commentaires

Pierre FAVEROLLE 27/06/2015 11:11

Salut Paul, je suis en plein dedans. Et c'est encore différent des autres volumes de la série. Celui ci est remarquablement construit (même si je n'ai pas encore lu la fin). Et quel plaisir de rigoler comme une baleine ! Samuel Sutra est un auteur plein de talent, aux multiples facettes. Un auteur doué, rare. Amitiés

Oncle Paul 27/06/2015 11:50

Bonjour ¨Pierre
Je vois que tu as des lectures fort intéressantes et cela ne m'étonne pas que tu te dilates la rate. Un roman beaucoup plus abouti que les précédents, notamment dans sa construction
Bonne lecture et à bientôt pour lire ton avis. Amitiés

Alex-Mot-à-Mots 26/06/2015 16:33

Encore un auteur qui surfe sur la vague des Tontons ?

Oncle Paul 26/06/2015 17:27

Et oui, la famille s'agrandit... Mais c'est bien dans l'esprit des Tontons flingueurs

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