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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 14:00

Le clos Mazarin ? Un riche lieu !

Jean D’AILLON : L’énigme du clos Mazarin.

Coup dur pour le Cardinal Mazarin qui apprend par le comte d’Alais, gouverneur de la Provence, que son frère Michel se serait rendu coupable de faux et usage de faux.

Il aurait vendu des terres qui étaient destinées à agrandir la ville d’Aix ainsi que de fausses lettres de provision permettant d’accéder à la charge de conseiller au parlement régional. De quoi mettre le ministre en mauvaise posture, lui qui est déjà mal vu. Il charge Louis Fronsac, marquis de Vivonne et notaire de son état, d’enquêter et récupérer les fameuses lettres.

En compagnie de son ami Gaston de Tilly, procureur du Roi, et de deux hommes d’armes dévoués, l’ancien soldat Gaufredi et l’Allemand Bauer, les quatre amis partent de Paris le 25 avril 1647 et arrivent à Aix le 8 mai après avoir subi les intempéries, des attaques de brigands et sauvé une troupe de théâtre. En cours de route Gaufredi avoue à ses compagnons qu’il est originaire d’Aix et est le fils bâtard des liaisons entre une servante et un aïeul de Gaufridi, l’actuel président de la Chambre des requêtes. Il a du quitter la ville quarante ans auparavant suite à un différent sérieux qui a failli le laisser sur le carreau. Il était amoureux d’une jeune fille, Claire Angélique de Forbin-Maynier, la tante de l’actuel vice président du Parlement d’Aix. Elle même n’était pas indifférente au jeune Gaufredi. Il n’a jamais connu le commanditaire de cette bastonnade.

Fronsac et ses compères se rendent chez Henri de Forbin-Maynier, vice président du Parlement d’Aix, ainsi que chez Jacques Gaufridi, Président de la Chambre des Requêtes, et d’autres notables de la cité qui, s’ils se détestent, n’apprécient pas l’intrusion des envoyés de Paris. Les embûches rencontrées par les représentants du Cardinal ne manquent pas. Un courtier en fesses, plus prosaïquement un proxénète dont on leur avait soufflé le nom, est assassiné, de même qu’un moine qui aurait été d’accointance avec lui. Les agissements de l’aubergiste chez qui ils logent leurs semblent également suspects.

En ce temps où débute le carnaval, Fronsac est pris à partie par une bande dirigée par un homme déguisé en Diable. En se défendant Fronsac assène un violent coup d’épée au meneur. Les soupçons se portent immédiatement sur un conseiller de Parlement, Gaspard de Venel, réputé pour ses farces. Pourtant l’homme ne présente aucune trace de coups sur la tête. Ils repèrent l’agresseur à la sortie d’une église. L’homme, jeune, porte un bandeau. Il avoue avoir été manipulé par un des notables hostiles à Fronsac et consorts. Il s’appelle Dominique Barthélemy et n’est autre que le secrétaire de Forbin-Maynier. Or Dominique est le petit-fils de Gaufredi dont les amours avec Claire Angélique, devenue mère supérieure du couvent des Dominicaines, avaient porté leur fruit. Le commanditaire de cette agression n’étant autre que Daret, l’amoureux transi qui avait fomenté la bastonnade quarante ans auparavant. Leurs soupçons se portent envers Romani, l’aubergiste, son cousin Boniface ainsi que Gueidon, un avocat résidant à Marseille et dont ils ont fait vaguement la connaissance alors qu’il patientait pour un rendez-vous chez Gaufridi.

Daret malmené par Fronsac et de Tilly, déclare avoir été contacté par Gueidon qui serait en possession des documents, lui même n’étant qu’un intermédiaire et l’aurait chargé de vendre les documents. Les terrains étaient destinés à l’aménagement d’un mail appelé Cour à Carrosses, flanqué d’hôtels particuliers somptueux. Si l’état des finances de Forbin-Maynier lui permet de genre de folies, celui de Gaufridi laisse à désirer.

 

Ce roman de Jean d’Aillon, extrêmement documenté, relate un épisode peu connu de la régence de Mazarin. Compliqué à souhait ce polar historique pêche toutefois par l’afflux de détails, notamment sur la topographie de la cité aixoise d’hier et d’aujourd’hui.

Il est évident que pour les gens du cru ces détails ont leur importance et leur permet de situer les différents endroits décrits. Mais pour le lecteur lambda, de savoir que telle rue en 1647 se dénomme actuellement par exemple rue du Temple, n’apporte rien à la compréhension du texte. Une carte eut été plus explicite il me semble et aurait eu le privilège de ne pas encombrer le récit.

Le plus étonnant est que Gaufredi, qui n’a pas remis les pieds dans la cité depuis quarante ans, se souvient des lieux et des noms des habitants comme s’il avait quitté la cité quelques mois auparavant.

Jean D’AILLON : L’énigme du clos Mazarin. Le Masque Poche N°65. Editions du Masque. Réédition. Parution le 27 mai 2015. 450 pages. 7,90€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 04/06/2015 14:14

Quelle mémoire, 40 ans après.

Oncle Paul 04/06/2015 14:27

Une mémoire d'historien...

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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