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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 14:19

Temps glaciaires, un titre qui refroidit !

 

Le nouveau Fred Vargas, Temps Glaciaires, est sur les étals des libraires. Bizarrement il n'est guère chroniqué sur les blogs dits spécialisés. Parait que ce serait la faute à l'éditeur. Il est vrai que recevoir un prix est plus gratifiant pour l'éditeur, plus important aux yeux du lectorat, que d'envoyer des services de presse onéreux.

Ceci m'a amené à mettre en ligne un article paru dans la défunte revue Caïn N°27, éditions Baleine. Parution octobre 2001. 224 pages. 9,20€. Disponible chez l'éditeur.

Vous avez reçu un nouveau message !

Internet, paraît que c’est bien, genre le maxi micro qui rapproche les hommes (ce n’est qu’une généralité car je n’oublie pas les femmes lorsque j’écris les hommes, je ne suis pas misogyne, loin de là, quoique parfois, mais bon on n’est pas là pour parler de moi et de mes états d’âmes…), donc j’écrivais : Internet, avec le émail (en français courrier électronique, qui permet à deux personnes de correspondre, d’envoyer des fichiers, des photos de leur dernière prise majeure dans le lac ou de leur femme majeure dans le lit, et autres échanges instructifs) offre la faculté de passer par un groupe de discussion qui facilite les échanges d’idées, d’opinions, de point de vue, un peu sous couvert d’anonymat, sans recevoir sauf par écran interposé, de désagréables, pour ne pas dire plus, réflexions qui ne prêtent pas à conséquence (en général) mais fournissent aux scripteurs un moyen facile de se défouler sans passer par un ring de boxe, et autres désagréments qui laissent souvent des traces sur l’épiderme des participants (ouf, j’ai terminé ma phrase !). Donc je voulais simplement mentionner, sans paraître cauteleux (eh oui, je l’ai placé !) auprès de ceux qui lisent cette notule, que dans les groupes de discussion, on trouve de tout et de rien, c’est-à-dire des avis divergents sur tel ou tel sujet sans que le fond du problème soit réellement abordé et les opinions explicitées. En voici une preuve commentée humblement par le scripteur qui a désiré s’en tenir au simple rôle de voyeur d’écran.

 

La discussion débute par un adepte, appelons le X, qui après avoir lancé négligemment le pavé dans la mare, ne se manifestera plus. En réalité c’est une réponse à quelqu’un qui avait critiqué négativement un bouquin mais nous ne reviendrons pas à l’origine du monde et au big-bang, Michel Rocard ayant participé en son temps à cette explosion. Et puis le nombre de pages dédiées à ce dossier nous oblige à rester sobre (dans le texte bien entendu).

Or donc voici cette phrase qui lança le débat, petite pierre qui engendra pas mal de remous et de cercles sur la mare aux polars :

“ J’ai lu le Sylvain l’an dernier ou avant, je ne sais plus. J’ai trouvé ce roman carrément idiot. ”

 

La réponse fournie à cette question, qui n’était qu’une simple réflexion, ne se fait pas attendre et aussitôt nous voyons les cercles concentriques se former à vitesse grand V et se transformer en mascaret d’équinoxe. Désormais nous appellerons les interlocuteurs de cette discussion par les lettres A, B, C et suivantes afin de préserver leur anonymat.

 

Interlocuteur A :

Oui, je crois qu’il y a effectivement un problème avec les polars de Viviane Hamy, quand c’est pas des plagiats (Tabachnick) c’est de la grosse daube (Sylvain… et encore j’ai pas lu “ Vox ” mais je défie quiconque de dépasser la page 12 de son précédent “ Baka ” !) ou alors c’est chiantissime et totalement surfait (Vargas). V. Hamy est une excellent éditrice de littérature Blanche mais en noire… Allez, on va dire qu’elle doit être mal conseillée.

Notes du scripteur totalement impartial : La lecture de la première phrase de ce message m’induirait avec de l’erreur si je ne connaissais pas la maison d’édition. Les polars de Viviane Hamy, est-il écrit. Non, ce ne sont pas les polars de Viviane Hamy mais les polars édités par Viviane Hamy, ce qui est différent. Ensuite, examinons le jugement porté sur les ouvrages de Sylvain (Dominique de son prénom) qui, selon l’auteur de cette critique lapidaire, ne valent pas le déplacement. Pourquoi donc, dans ce cas, Viviane Hamy s’obstine-t-elle à publier des romans de cette gente dame (Dominique Sylvain est de sexe féminin) si les écrits en question sont illisibles et comment se fait il qu’il y ait encore des lecteurs, et inversement ? Ensuite, nous arrivons au cœur du sujet quoique dans ce cas de figure nous nous voyons plutôt confronté à notre corps défendant à un rejet exprimé par une partie anatomique de l’auteur que nous ne dévoilerons pas. Chiantissime, est-il écrit. De deux choses l’une : ou ce roman remplace les bénéfiques dragées Fuca et provoque une diarrhée pseudo littéraire, ou au contraire il faudrait entendre par là (par là je n’entends pas grand chose comme auraient dit les fameux duettistes Pierre Dac et Francis Blanche) que Fred Vargas rédige des ouvrages constipants. Remarquez avec quelle élégance le débat (merdique ?) est lancé.

 

Dorénavant nous nous contenterons d’indiquer les interventionnistes par la lette alphabétique qui leur a été attribuée par ordre chronologique.

 

B :

Plagiat ? De qui ?

Note intermédiaire. Le débat n’est pas encore réellement lancé, et nous tournons autour du pot, si je puis m’exprimer ainsi. Le débat s’avançant dans le temps et dans cette chronique, les intervenants devenant plus nombreux et explicites, les notes intermédiaires seront remplacées par des billets d’humeur modératrice à tendance plus ou moins philosophique, psychologique ou d’obédience pseudo-psychanalytique. Il faut bien gagner sa croûte et réaliser un reportage sur le vif comme si le lecteur se trouvait confronté à un problème hautement sociologique avec à la clé un médiateur intellectuellement débâtant d’une manière circonstanciée.

 

A :

“ Un été pourri ” de Tabachnick est presque intégralement pompé sur “ Le prochain sur la liste ” de Dan Greenburg (en Points Seuil Policiers). Et l’original est beaucoup mieux of course.

Le scripteur (moi-même en l’occurrence) commence à s’interroger : s’agirait-il d’un mauvaise traduction, de quand date le Greenburg, ne serait-ce pas un plagiat à l’envers, l’Américain ayant pompé la Française (n’y voyez dans cette question anodine aucune intervention extra littéraire et/ou à dominante sexuelle, ce qui n’entre d’ailleurs pas dans le propos de cette chronique) ? Mais de toute façon il ne s’agit que d’un aparté dans la discussion qui va véritablement démarrer sous peu.

 

C :

Bonjour, je n’ai pas d’avis sur Sylvain, ne sais pas si “ un été pourri ” est un plagiat. Par contre j’avais beaucoup aimé “ Le festin de l’araignée ” de Tabachnick. Et dire que Vargas c’est chiantissime et surfait ! ! Dis que tu n’aimes pas, que ça te gonfle, que c’est pas ton style. OK. Moi je trouve ça superbe, c’est un de mes auteurs de polar préféré en France, et comme je m’occupe à mes moments perdus d’une bibliothèque d’entreprise, je peux t’aaurer que mon avis est partagé par de très nombreux lecteurs, habitués au polar ou non. Peut-être n’est-ce pas assez noir, ni assez musclé pour plaire aux amateurs de polar pur et dur ; c’est recevable, mais c’est loin d’être chiantissime. Et le dernier écrit et dessiné à 4 mains avec Baudoin est un pur délice.

Tout à fait d’accord dans ton analyse cher correspondant C. Mais avant de la disséquer je voudrais te dire qu’il n’y a pas de moments perdus, et si effectivement tu avais des moments perdus, tu pourrais éventuellement les retrouver dans une officine spécialement dédiée aux objets trouvés, à moins que quelqu’un de peu scrupuleux se les soit accaparés et dans ce cas tu pourras dire définitivement adieu à tes moments qui ne seront pas perdus pour tout le monde. Mais revenons à nos moutons comme disait Jeanne d’Arc en filant sa quenouille et en rêvant du prince charmant aux quenouilles laineuses et soyeuses, mais je m’égare…

 

B

Vargas n’est certes pas une géante (A tous point de vue, hi hi) mais ses livres sont sans prétention et font passer un moment sympa. C’est déjà pas mal.

On sent l’intervenant qui se veut modérateur dans cette réponse tout en jouant sur les maux et les mots. Effectivement Fred Vargas n’est pas grande physiquement, mais ceci n’est qu’un appréciation personnelle en fonction de la taille de l’interlocuteur. Moi-même je ne suis pas grand mais comparé à mes petits-fils, je possède encore une autorité et une aura que nul ne contestera et d’ailleurs ceci n’entre pas en compte dans le sujet traité. Quant à dire qu’elle n’est pas grande en littérature, faut-il attendre la consécration mortuaire ou prendre en considération le nombre d’exemplaire vendus ? Je déborde et m’immisce dans un problème auquel je m’étais promis de ne pas participer.

 

D :

Quand j’ai lu “ L ’homme à l’envers ”, je me suis dit que c’était un polar qui flirtait avec le fantastique sans réussir à y plonger complètement. L’écriture, les personnages, les lieux tout est légèrement décalé, un brin mythique, un tantinet absurde. J’ai beaucoup aimé ce livre mais je l’ai aussi trouvé surfait et chiantissime (je vole des mots là). L’utilisation d’une narration à la polar est un tour de passe-passe, une coquetterie, un pis aller.... parce que ce n’est pas du roman policier. C’est du roman qui utilise les conventions du genre pour structurer son propos. C’est pas un crime. C’est pas un exploit non plus. C’est juste, légèrement, décevant. Ce que j’en dis...

N’en dis pas plus, nous avons tous compris que tu avais aimé, et qu’en même temps tu avais été déçu (par correction envers les auteurs des messages, le scripteur ne s’embarrassera pas des signatures au féminin). Tu exprimes un point de vue personnel bien structuré, poli, avec des appréciations douces-amères. On sent que tu veux ménager la chèvre et le chou, dire que tu n’as pas vraiment aimé le bouquin, mais que tu lui trouves cependant une qualité d’écriture certaine. Sous entendu, Fred Vargas, si elle s’était impliquée un peu moins dans le roman policier et plus dans la blanche aurait pu connaître la consécration, voire plus. Tiens peut-être comme Vautrin, Jean de son prénom, qui après avoir voyagé à la Série Noire puis chez Engrenage, a obtenu le Prix Goncourt (entaché de plagiat selon certains, donc je ne sais plus si c’est une bonne référence) ou encore Daniel Picouly pour ne citer que les exemples qui me viennent à l’esprit. Le côté fantastique, décalé, déjanté même, est effectivement présent dans ce roman, et pour preuve le titre du roman ne prête pas à confusion. Et derrière le “ c’est un peu décevant ”, ne se cache-t-il pas cette pensée profonde mais inavouée, dans le genre “ c’est beaucoup intéressant” ? Mais continuons notre exploration sans nous disperser.

 

E :

Ah ! Je ne suis pas le seul à ne pas aimer Vargas !

Réponse du psy de service. Cet internaute est arrivé en retard dans la discussion et n’apporte aucune précision complémentaire sur les raisons de son intérêt ou désintérêt (désintérêt dans le cas présent) concernant le cas étudié. En réalité, posant une question naïve qui est en réalité une exclamation, il se rend compte qu’il n’est pas le seul sur la planète Internet à ne pas aimer Fred Vargas, sans pour cela se montrer vindicatif, et presque en s’excusant.. Fallait-il pour autant oblitérer sa prestation, qui sans fournir d’avancées sociologiques évidentes, ne tombe pas dans le négationnisme primaire mais ose émettre une opinion qui sans être fondée et démontrée, ne se voile pas la face et se solidarise avec une opinion démontrée plus haut sans pour autant nier fondamentalement le pourquoi du comment. En réalité il se pose la question tout en fournissant la réponse : il n’est pas le seul à ne pas aimer, il constate mais ne dénigre pas pour autant les qualités littéraires des romans de l’auteur passé à la moulinette, et surtout il ne jette pas l’opprobre sur les uns ou les autres.

 

F :

Moi non plus je n’accroche pas trop avec Vargas. J’en ai essayé un, deux, trois, en espérant à chaque fois être mal tombé mais je crois que c’est juste que ça passe pas avec moi. J’arrive pas à croire aux personnages, je trouve ça froid. Bref  je ne rentre pas dedans.

La réponse, négative elle aussi, est plus explicite sans se montrer agressive. L’auteur de cette répartie avoue avoir essayé à moult reprises de se plonger dans l’univers personnel et particulier de Fred Vargas, mais ne pas s’y accrocher. C’est tout à son honneur, on ne s’accroche pas à un auteur, à un personnage, à moins d’être né sous le signe de la sangsue. De plus la dernière phrase est assez ambiguë pour ne pas cacher autre chose, un malaise profond, une personnalité latente qui ne demande qu’à s’extirper d’un corps encombrant. Qu’est-il écrit, “ Bref, je ne rentre pas dedans ”. Bref n’est-il pas la réaction frustrante énoncée sans ambages après un rapport auteur/lecteur qui se serait soldé par une éjaculation précoce et, poussons notre analyse, externe puisque le scripteur confesse ne pas rentrer dedans ? J’avoue ne pas comprendre toutefois la syntaxe car j’ai essayé mais ne suis point arrivé à rentrer dehors.

 

E :

Je n’ai pas réussi à terminer “ L’homme aux cercles bleus ” et “ Debout les morts ”, trop décalé, peu réaliste. AMHA. Par contre pour “ Debout les morts ” dont j’ai lu environ 100 pages, puis la fin, j’ai eu l’impression que l’aspect énigme n’était as mal trouvé, écrit par un G.J. Arnaud ou un expert en énigme cela aurait donné (AMHA) un très bon suspens ou un très bon roman d’énigme, enfin, un comme je les aime. Mais les goûts et les couleurs, hein…

Tout à fait cher ami correspondant, qui explicite ton choix, ton avis négatif sans pour cela vouloir conditionner les autres commentateurs de cette liste d’échange d’idées et d’opinions. Par deux fois tu t’exprimes modestement (pour les néophytes AHMA signifiant à mon humble avis), et développes ta désaffection envers un genre qui te nourrit intellectuellement. Passionné de romans dont l’énigme est reine et les chambres closes un lieu de prédilection, notre interlocuteur (je m’adresse à vous maintenant) avoue ne pas entrer dans l’univers décalé, peu réaliste des deux romans qu’il évoque. Ce qui à mon sens est contradictoire, car la résolution d’énigmes en chambre close se trouve justement, la plupart du temps, dans un univers décalé, peu réaliste, à la limite du fantastique. Mais on notera toutefois cette réflexion que, traité par un autre auteur, le sujet aurait pu donner naissance à un bon roman d’énigme ou de suspens. Hum, je suis dubitatif quant à cette assertion, ne mettant pas en cause cette allégation, mais chaque auteur écrit selon sa sensibilité et si l’on propose un même sujet (l’amour par exemple) à deux auteurs dont la sensibilité diverge, ils le traiteront avec une optique et un stylo diamétralement opposé, surtout s’ils ne sont pas du même sexe.

 

G :

Je suis un peu étonné par ton commentaire sur Vargas. Tu dis que tu trouves ses romans peu réalistes. Cela m’étonne, parce qu’il m’a semblé que tu es un fan de cambres closes qui sont en quelque sorte l’antithèse du roman REALISTE. Il y a là un paradoxe que j’aimerais que tu développes,. N’y vois aucune critique mais c’est un commentaire qui m’a semblé curieux ou peut-être je n’ai pas compris ce que tu as écrit. En ce moment je lis plein de choses sur la réception des œuvres policières par leurs lecteurs et je suis un eu obnubilé par le sujet.

Ah que voilà une remarque simple, limpide, pleine de bon sens, et qui va dans le sens que j’ai voulu développer précédemment. La réponse est formulée avec humilité, modestie, presque une componction moniale, soulignant toutefois le paradoxe existant dans la réponse précédente. Si j’avais su, j’aurais lu cette réponse avant de m’escrimer pendant quelques lignes et rechercher l’adéquation exacte et la formulation lapidaire susceptible de résumer en peu de mots le flot d’interrogations engendré par cette réaction à double sens. M’en suis-je bien sorti ?.

 

E :

La contradiction n’est qu’apparente. Quand je lis un roman de Paul Halter, au hasard ; je sais où je mets les pieds, ou un roman de Moselli. Ah Moselli ! J’accepte que son héros tombe à la mer dans une eau glacée, qu’il y passe la nuit (ou plus) à barboter, qu’au petit jour quand il n’en peut plus, qu’il va couler, tiens un bateau passe et le voit, ce n’est pas réaliste du tout, mais cela fait partie du jeu, quand je lis Moselli j’ai dix ans et accepte tout. Pour un roman de chambre close c’est pareil. Malgré tout, même si les situations sont improbables, l’auteur raconte d’une façon qui me paraît réaliste, et cela pourrait être vrai.

Par contre pour Vargas, je pense être dans un roman réaliste (peut-être que je me trompe) et donc le côté déjanté, un peu en dehors de la plaque de ses personnages, ne me convient pas, il y a un je ne sais quoi qui ne me fait pas adhérer à son univers. Car elle a un “ univers ”, une façon d’écrire qui lui est propre, AMHA. Et puis j’ai sauté au plafond quand elle avait écrit : il décida qu’il avait faim. J’en avais parlé ici même. Non ! on ne décide pas qu’on a faim ! on décide qu’on va aller boire un verre, au restaurant, au ciné, mais pas qu’on a faim ! Cette phrase m’est restée en mémoire ! C’est ce côté un peu surréaliste qui ne passe pas

J’ai réussi l’examen ?

Cher ami, j’espère que tu ne t’es pas fait mal et que le plafond ne se ressent pas de cet impact par quelques fissures de mauvais aloi. Voici une réponse longue mais qui au moins respecte le code de bonne conduite avec des explications sobres, détaillées, logiques et nullement agressives. La cacophonie enregistrée lors des premières interventions devient dialogue constructif, chacun des deux derniers participants apportant sa pierre à l’édifice littéraire et critique. Mais a-t-il réussi l’examen me demanderez-vous ? Nous le saurons dans un prochain épisode.

 

G :

Moi ça m’arrive très souvent de décider d’avoir faim ! ! ! et j’adore Vargas. Elle a son style à elle, je comprends très bien que beaucoup de gens n’aiment pas, mais son monde n’est pas éloigné du mien. Peut-être faut-il être zen pour apprécier ? En tout cas elle a le mérite de faire des polars très différents. A bientôt.

Nouvel intervention dans ce monde qui se partage quant aux qualités d’écriture et de style de Fred Vargas. Nous retiendrons dans cet envoi somme toute assez court, trois directions à explorer. D’abord le fait que cette personne décide d’avoir faim. C’est très bien et il est intéressant de savoir que ce locuteur ne veut pas se laisser mener par le bout du nez par un estomac qui n’en fait qu’à sa tête. Ensuite la question fondamentale est posée : faut-il être zen pour lire Vargas. A mon humble avis non, mais je m’immisce dans une conversation à laquelle je m’étais promis de ne pas prendre part. Enfin, il est écrit : elle a le mérite d’écrire des polars différents. Tout à fait, mais c’est le rôle d’un écrivain, d’un auteur, d’un romancier de ne pas écrire à l’identique de ses confrères ou consœurs. C’est même une obligation sinon cet auteur romancier écrivain ne risque-t-il point d’être accusé de plagiat ? Et vlan !

 

C :

Mais c’est vrai qu’il faut aimer les ambiances décalées, bizarres, pas forcément logiques.

Intervention d’un correspondant qui ne s’était pas manifesté depuis quelques messages. Cette phrase possède un double sens qui, A Mon Humble Avis, ne résout pas le problème puisque son ton sibyllin risque de perturber un peu plus les lecteurs des messages qui ne participent pas activement à cet échange de plus en plus feutré. Il faut aimer… : est-ce une injonction, une obligation de lire des romans décalés et tutti quanti, ou tout simplement un conseil, il faut aimer les ambiances… pour se plonger dans l’univers Vargasien ?

 

E :

C’est bien ce que je disais : c’est une question de longueur d’ondes ! D’équation personnelle, comme disait un personnage célèbre. Pour être très différents, sûr ils le sont ! Et il me semble que beaucoup apprécient, vu qu’elle a eu un grand prix de littérature policière ou un truc de ce genre.

Cher ami, d’abord ce n’est pas ce que tu disais, mais ce que tu écrivais. Mais bon nous ne te tiendrons pas rigueur d’une faute de syntaxe puisque via le Net, la correspondance presque en direct donne l’impression que nous nous parlons plus que nous écrivons. Je ne voudrais pas pinailler mais Vargas n’a pas reçu que le Grand Prix de littérature policière ou un truc de ce genre. Je ne vais toutefois pas recenser tout ces prix qu’elle a obtenu puisque d’autres rédacteurs dans cette revue le feront aussi bien que moi et cela risquerait de faire doublon. Mais j’apprécie que tu écrives qu’il s’agit d’équation personnelle. En effet chacun a le droit de lire ce qu’il lui plait et c’est bien pourquoi il existe autant d’auteurs de romans policiers sur le marché et qu’autant de genres sont proposés aux lecteurs. Un même lecteur peut aimer tout à la fois Mary Higgins Clark, Frédéric Dard/San Antonio (d’ailleurs l’emploi de pseudonymes explique le pourquoi du comment), Chandler, Pouy, Mizio et Vargas. Ce n’est pas incompatible et de plus cela démontre une curiosité littéraire non négligeable tant vis à vis des éditeurs que des auteurs.

 

G :

J’ai réussi l’examen ?

Je te rassure pas de diplômes à la clé. Merci d’avoir répondu : c’était détaillé et intéressant.

Cette phrase qui répond d’abord à une question ci-dessus posée, clôt le débat d’une manière frustrante mais en même temps polie. C’était détaillé et intéressant. Le débat manque toutefois de profondeur, certains ayant répondu plus longtemps que d’autres, avec moult détails, mais il est à noter que celui ou ceux qui ont allumé la mèche et provoqué cette explosion de messages se sont courageusement réfugiés dans un silence ostentatoire.

 

Le scripteur de cet article n’ayant plus grand chose à ajouter se retire sur la pointe des pieds et ne vous livrera pas ses conclusions personnelles quant à la lecture des romans de Fred Vargas. Il ne pourra que vous engager à apprécier un court ouvrage intitulé “ Petit traité de toutes vérités sur l’existence ” et qui s’il n’est pas policier est bourré de bon sens.

Je vous donne rendez-vous dans un prochain article, à définir par le rédac chef qui lui au moins n’est pas à court d’idée et sait vous relancer au bon moment lorsque vous sentez faiblir votre implication. Mais ceci n’était qu’une réflexion personnelle que vous n’étiez pas obligé de lire.

 

Cet échange de civilités s'est tenu sur le site de discussion Rompol du 2 avril au 5 avril 2001.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 05/05/2015 11:41

Déçue de ne pas avoir reçu le service de presse ?

Oncle Paul 05/05/2015 11:56

Non, Alex...
J'ai trop de livres en attente et comme je privilégie ceux qui ont moins de visibilité aussi bien en tant qu'auteurs que d'éditeurs, cela ne me gêne pas.

Dominique Sylvain 04/05/2015 10:17

Quand j'ai compris que cet aimable échange datait de 2001, je me suis sentie tout de suite mieux !

Oncle Paul 04/05/2015 10:32

Oui Dominique
Mais cet article était surtout une forme d'humour en réponse à des échanges émanant parfois de personnes droites dans leurs bottes, persuadées de détenir la vérité... On aime ou on n'aime pas un livre mais on ne peut pas dire qu'il est mauvais. Chacun sa sensibilité, mais il faut quand même avoir une forme de respect et aussi de tolérance...
Comme pour Ellroy, je n'aime pas mais je ne dis pas que c'est mauvais. Juste que cela ne me convient pas et que je préfère autre chose.
Amitiés

Boris 03/05/2015 01:43

J'ai tout de suite reconnu le locuteur E ; un habitué de longue date de ma liste et qui a fréquenté Rompol - salut René ! Hé bien, ce matin au super marché les piles de Fred Vargas étaient bien là. Je ne sais pas ce qu'a fait l'éditeur mais en tous cas, il n'a rien envoyé aux chroniqueurs de la toile. J'ai publié une note sur ce phénomène et le bouquin sur Fcbk : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1601594870088576&set=pcb.589113791228231&type=1&theater

Boris 04/05/2015 18:10

Voilà, Dominique, c'est ça. En tous cas, le roman est sorti il y a deux mois et c'est maintenant qu'ils rectifient le tir. À mon avis ils pensaient que ça marcherait de suite sans avoir rien à faire... ;-)

Dominique Sylvain 04/05/2015 13:30

Hello, Boris. Tu as raison, c'est de la vieille histoire et j'espère que que plus personne ne m'accuse d'écrire de "grosses daubes" (même ceux qui n'aiment pas mes romans) ! Concernant Flammarion, ils ont mis le paquet, je trouve. Le livre est partout et en quantités industrielles. Et Fred a repris son bâton de pèlerin pour faire des émissions télé et radio qu'elle ne faisait plus depuis des années. Flam a aussi créé une couv' très proche de celles de ses anciens succès chez VH, pour ne pas déstabiliser les fans. Il n'y a aucune raison qu'elle ne vende pas ses 350 000/450 000 ex habituels et même plus. A mon avis, ils font le maximum dans le genre grosse artillerie, mais ne travaillent pas comme un petit éditeur indépendant, au coup par coup. Les moyens ne sont pas comparables. Les blogs les intéressent peu car Fred a déjà une énorme notoriété qui s'est construite au fil des années par le bouche à oreille. Je ne pense pas que cet "oubli" des blogueurs soit du mépris mais sans doute le fonctionnement normal d'une grosse machine. En revanche, ils travaillent sans doute les libraires pour conserver leur fidélité. Ceci étant dit, ils font peut-être une erreur car les médias classiques ne sont plus aussi prescripteurs qu'avant. Ou alors, autre hypothèse, ils ne souhaitaient pas que des polémiques enflamment le Net. Mais ça fait un peu théorie du complot, cette hypothèse, hé, hé.

Boris 04/05/2015 11:49

C'est vrai Dominique que tu es au centre de la discussion. Mais il y a prescription, s'pas ? Cette affaire Vargas est assez révélatrice. je pense que Flammarion ne s'est pas donné vraiment la peine avec ce roman. Comme si tirer à 100.000 ou plus, être traduit en x langues dispensait de faire un peu de promo...

Dominique Sylvain 04/05/2015 11:25

Entièrement d'accord avec toi, Paul. J'ai constaté parfois que ce genre d'attaques très virulentes et fort peu argumentées pouvaient être liées à des histoires de manuscrits refusés. Du coup, tout le monde en prend pour son grade, l'éditeur, les auteurs maison, dans le plus pur style "Aïe, tous aux abris". Amicalement.

Boris 04/05/2015 01:38

Bien sûr Paul. Sur la liste, je me rappelle une discussion identique avec Fabienne, qui disait "C'est nul !" et François qui lui répondait qu'on ne peut pas dire "c'est nul"... etc.

Oncle Paul 03/05/2015 15:33

Bonjour Boris,
oui c'était facile pour le locuteur E, mais je n'ai pas voulu dévoiler qui se cachait derrières ces lettres de l'alphabet, car ce n'était pas tant leur nom qui importait que les prises de position des intervenants. On aime ou on n'aime pas, mais déclarer que c'est chiantissime ne relève pas du bon goût par exemple. Il y a le respect du livre, de l'auteur, et c'est comme en cuisine : on aime ou on n'aime pas le cassoulet ou les mogettes de Vendée, ce n'est pas pour autant qu'il faut en dégoûter les autres.
Et puis je me suis bien amusé à écrire cet article, il ne me restait plus qu'à travers cet échange laisser éclater mon humour, parfois mal compris...
Amitiés

Renato 02/05/2015 23:10

Bonsoir Paul
Bonne idée de ressortir cet article qui m'avait bien fait rire à l'époque et qui m'a fait encore autant rire. J'en ai pleuré !
Merci, ça fait du bien.
J'essaierai de lire son dernier quand il paraîtra en poche :o)
R.

Oncle Paul 03/05/2015 15:27

Bonjour René
Oui, je me suis bien amusé en écrivant cet article. C'était surtout pour mettre en évidence les divergences d'appréciation des lectures, mais également ces positions de parti pris parfois non étayées.
Amitiés

Le Papou 02/05/2015 19:01

Bonjour Oncle Paul,
Je me rends compte que tu t'es bien amusé avec ta looooongue notule. Je vais essayer de faire court mais ce n'est pas garanti. D'abord les discussions ouvertes me rendent silencieux. Dans mon dernier billet qui fut, pour moi, un coup de cœur, je mentionnais deux opinions identiques dont celle de Pierre, deux mitigées et enfin deux négatives dont un abandon. C'est le merveilleux des livres, on en trouve pour tous les goûts et personne ne me fera changer d'opinion en utilisant des termes scatologiques. Je donne mon opinion et elle ne concerne que moi et mes lacunes. Concernant Fred, je ne suis pas un adepte pour des raisons qui font rire l'Héritière (une adepte forcenée) mais je suis jaloux sexuellement et intellectuellement de son héros. Il n'est pas très beau, comme moi, et tombe toutes les filles que j'aurai voulu connaitre à une autre époque (ça m'a passé) mais surtout il ne me donne aucun élément qui me permettrais de trouver la solution avant la fin. Et ça... ce n'est pas pardonnable !
Amicalement
Le Papou

Oncle Paul 02/05/2015 20:49

Bonsoir Papou
Tout est subjectif et ce que l'on aime, notre voisin peut très bien le détester. Et ce n'est pas pour cela qu'un roman est bon ou mauvais, juste une question de sensibilité de lecteur. Et c'est bien pourquoi je ne me précipite pas sur les romans qui ont obtenu des Prix, car souvent j'ai été déçu...
Quant au héros, c'est très subjectif aussi, il se conforme aux désirs de l'auteur même si certains romanciers déclarent que leurs personnages leur échappent.
Mais oui je me suis bien amusé, car ces échanges par écran interposé m'ont fait rire et en même temps indisposé. C'est tellement facile de dénigrer surtout lorsque l'on se cache derrière un alias. Pas tous, heureusement. Faut avoir le courage de dire en face ce que l'on pense.
Bonne soirée avec un bon livre et ça ira mieux demain.

Pierre FAVEROLLE 02/05/2015 16:56

Je n'ai pas tout lu, car j'ai du mal avec les extrêmes, voire les extrémistes. Ma seule intervention concerne les romans qui sont soi-disant nuls. Mon avis est qu'aucun roman n'est nul, ils peuvent ne pas plaire au lecteur. Pour moi, un roman est une rencontre entre l'auteur et le lecteur. Il arrive que cela se passe bien ou que l'on passe à coté sans se voir. Amitiés

Oncle Paul 02/05/2015 17:14

Bonjour Pierre
C'est dommage, car je me suis amusé dans mes commentaires de ces petites phrases lapidaires ou ces déclaration qui parfois se contredisent.
Mais je suis d'accord avec toi, il n'y a pas de mauvais romans, ni à fortiori de mauvais auteurs. Ils s'adressent en général à une certaine catégorie de lecteurs, et comme disait ma grand-mère (cela fait longtemps que je ne l'ai citée) on ne peut pas plaire à tout le monde et à son chien.
Amitiés

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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