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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 13:50

L'été s'ra chaud, l'été s'ra chaud,

Dans les t-shirts dans les maillots...

Thomas DEGRE : 10 jours de canicule.

Depuis six mois, Jean Bonnet est stagiaire dans l'agence de détectives Duflère.

A trente et un ans, il a déjà été marié trois fois, divorcé deux fois et une fois veuf, père d'un gamin de cinq ans qui pour l'heure actuelle est chez sa grand-mère. C'est un instable sentimentalement et cela se ressent dans les missions qui lui sont confiées par Monsieur Charles, son patron. D'ailleurs en général, ce sont pour des enquêtes concernant des histoires de cocufiage qu'il doit prouver son talent.

Seulement, en cette fin de juillet 1975, une affaire plus sérieuse requiert ses services, monsieur Charles n'ayant personne d'autre sous la main. Jean Bonnet, qui préfère qu'on l'appelle Polo afin d'éviter des jeux de mots laids sur son patronyme, mais nous continuerons à le nommer ainsi, Jean Bonnet donc doit récupérer deux lettres compromettantes qu'un client aurait adressées à sa maîtresse dont il a eu un enfant.

Et c'est pour cela que nous retrouvons notre détective à la terrasse d'un café boulevard de la Madeleine afin d'étancher sa soif, c'est le début de la canicule, et tenter d'attirer l'attention de la gente dame en question. Or c'est Ann, oui elle s'appelle ainsi mais elle ne l'est pas, Ann, qui l'aborde. Elle lui propose de passer un bon moment chez elle pour cinq cents francs (nous sommes en 1975, je l'ai déjà dit, mais une petite piqûre de rappel ne nuit pas !). Ce n'était pas prévu au contrat, et Jean n'a pas l'argent sur lui. Rendez-vous est donc pris pour le lendemain au même endroit.

Il rend compte de son début de mission à monsieur Charles lequel l'informe que son client, monsieur Dubourg, mais c'est sûrement un pseudo, est marié et qu'il ne veut pas que ces lettres tombent entre les mains de sa femme. Il en va de sa quiétude mais également de sa situation, l'épouse étant nettement plus riche que le mari.

Le lendemain la jeune femme, un peu moins de la quarantaine, sublime, et dont Jean tombe tout de suite amoureux, se présente en retard au lieu dit. Ce n'est pas grave, le principal étant qu'elle soit là et que la proposition tienne toujours. Seulement au lieu de l'emmener chez elle, la partie de plaisir devra s'effectuer à l'hôtel. Jean Bonnet n'est pas né de la dernière pluie, qui d'ailleurs date, et il a connu les faveurs de très nombreuses femmes. Mais il n'a jamais couché avec une fleur de bitume, ce qui l'embarrasse. Embrasse-t-on une prostituée par exemple. Arrivé sur place, il affole et malgré ses efforts, il n'arrive pas à redresser... la situation. Paniqué, il se sauve tout en s'habillant à la hâte dans la rue. Et il rentre chez lui, se demandant quel stratagème utiliser pour informer son patron de l'échec de sa mission.

Le lendemain il est réveillé par le téléphone, qui sonne mais ne pleure pas. Ann lui pose la question cruciale : pourquoi s'est-il enfui si vite ? L'éponge est passée et elle l'enjoint de la retrouver chez elle. Jean se précipite sur l'occasion, c'est une figure de style, et va guilleret chez la belle, qu'il retrouve assommée dans un appartement dévasté.

 

Dans l'enfer de la canicule de l'été 1975, qui d'ailleurs s'est produite en 1976, nous faisons la connaissance d'un détective stagiaire, amateur de jolies femmes et surtout cinéphile passionné.

Jean Bonnet se montre un peu comme un épigone de Nestor Burma, dont les aventures rocambolesques sont un bain de fraîcheur dans l'univers violent des romans policiers actuels. Jean Bonnet c'est un peu Guy Marchand et Jean-Paul Belmondo, un brin gouailleur, désinvolte, bravant les dangers pour une belle, et ramassant des gnons à l'occasion. Parfois il est le dindon de la farce, mais sait retomber sur ses pieds. Et s'il lui arrive de mentir, ou d'écorner la vérité, c'est pour ne pas froisser, vexer, faire du mal inutilement à ses interlocuteurs, c'est à dire en particulier Ann et monsieur Charles. Et sans trop en dévoiler sur sa vie privée, disons qu'il n'a pas eu une enfance heureuse et que ses relations avec son géniteur se sont déroulées comme les montagnes russes partagées entre attrait et retrait. Aussi il reporte tout l'affection qu'il n'a pas obtenue sur son fils, Boris, et sur ses animaux de compagnie, chats, poissons rouges et autres bestioles. Un autre animal, en peluche lui, tient une grande place dans cette histoire, un gentil Teddy Bear. Un roman qui oscille entre humour et émotion, ce qui n'est pas incompatible.

 

Le lecteur pourra s'amuser à retrouver des titres de films réalisés par François Truffaut, Jean-Luc Godard ou en encore Maurice Pialat, la liste étant fournie en fin de volume afin de vérifier vos réponses. Mais d'autres œuvres cinématographiques sont disséminées de-ci de-là, sans compter celles qui sont nettement et en italiques citées.

Thomas DEGRE : 10 jours de canicule. Collection Dépendances. Editions Territoires Témoins. Parution 22 avril 2015. 156 pages. 15,00€.

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commentaires

Le Papou 07/05/2015 10:07

Je vais en mettre une tranche au frigo.
Amitiés
Le Papou

Oncle Paul 07/05/2015 10:11

Tu as raison Papou
Et n'hésites pas à puiser dans mon frigo de temps à autre.
Amitiés

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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