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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 14:22

Comme un ouragan, chantait Stéphanie de …

Daniel MARTINANGE : L’ouragan.

Fils d’un immigré espagnol devenu agriculteur à Saint Julien, Antoine affiche sa cinquantaine en solitaire. Il n’est pas malheureux mais pas heureux non plus. Il vit.

Le décès accidentel de ses parents lui fournit l’occasion de participer à un voyage organisé aux Baléares. C’est là qu’il rencontre Bahia, chanteuse dans un boui-boui attrape-nigauds à touristes.

Il ramène la quadragénaire à la peau sombre et au corps avenant dans ses malles et l’installe à la ferme, fier de cette extraterrestre (pour les villageois) salvatrice (pour lui) qui lui fait goûter à la féminité, la vraie, pas la frelatée ou la succédanée par encore épanouie. Mais il largue la terre pour celle moins ferme d’un bar.

Bahia est née sous X en Patagonie et elle en a gardé des souvenirs. Un beau jour un inconnu pénètre dans le Modern’bar (qui ne l’est plus guère). Bahia et lui se connaissent, et Antoine les surprend dans leur chambre, installés sur le lit, avec des lingots et des dollars étalés entre eux. Antoine n’est pas content de les voir s’embrasser (goulument ?) et la colère lui brouillant les idées, il abat de deux coups de revolver, héritage de son père, l’homme, et injecte avec une seringue de l’air dans le bras de Bahia. Et après ?

Il prend ses valises, sa voiture, et part n’ayant pas oublié de mettre dans ses bagages l’argent qui n’a plus de propriétaires officiels. En cours de route il prend en stop la belle Hélène (qui ne le prend pas pour une poire), lui montre son magot, autre chose aussi qui relève de la vie privée et charnelle, puis pense à se rendre en Argentine.

A vingt ans Hélène est friande de la vie et de produits nocifs. Tandis qu’Antoine change d’apparence, obtient auprès d’un prêtre de nouvelles pièces d’identité, et place son magot dans un établissement bancaire, Hélène sort en boite. Elle se fait violer en voiture et s’évanouit. Lorsqu’elle reprend ses esprits, une jeune femme lui demande l’heure (Le genre de question qui permet de nouer un dialogue) et avoue ne pas savoir où dormir. Elle prend Patricia, ainsi se nomme l’albinos, sous sa coupe et au petit matin Antoine est tout étonné de se retrouver avec deux représentantes du sexe féminin sur les bras.

Patricia est du Wyoming (ce qui n’est pas rédhibitoire) et tient à rentrer chez elle avec Hélène qui est quelque peu perturbée depuis sa coucherie forcée sur la banquette d’une bagnole allemande. Antoine décide de les accompagner, d’autant qu’il a aperçu dans la rue l’homme qu’il a assassiné, ou cru assassiner.

 

Direction les Etats-Unis, le Wyoming, Pacific-City. Tandis qu’Hélène est toujours traumatisée par son architecte violeur qui a déconstruit sa vie et son corps, Antoine est obnubilé par le souvenir de Bahia. Ce qui ne l’empêche pas de rencontrer des individus sortant de l’ordinaire comme un Indien (Amérindien je précise), un fakir (véritable Indien), de s’adonner à l’élevage de zébus, de jouer de la trompette, de se promener à cheval avec son appaloosa qui lui parle, et autres joyeusetés qui promènent le lecteur dans des aventures insensées grâce à des phrases hachées, dégraissées, coupées en lanière comme ces morceaux de viande mastiqués par les boucaniers.

 

L’auteur nous entraine dans un cirque littéraire peuplé de personnages burlesques, se mouvant dans des situations tout aussi loufoques, mais endossant le rôle de clowns tristes. Des situations tragiques et de petits moments d’attendrissement comme dans ces bons vieux films muets dans lesquels les acteurs bougent, se démènent, se frictionnent, se castagnent, mais s’émeuvent devant une pâquerette seulabre qui pousse sur le bord du chemin.

 

Daniel MARTINANGE : L’ouragan. (Première édition Stéphane Million Editeur - mai 2012). Réédition Pocket. Parution le 6 mars 2015. 150 pages. 5,80€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 18/03/2015 18:35

Tiens, le fakir n'est plus dans son armoire ?

Oncle Paul 18/03/2015 18:42

Non il était atteint de claustrophobie...

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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