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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 10:41

Cela vaut bien un tour d'écrou...

Day KEENE : Vice sans fin.

Détective privé à Los Angeles, Johnny Aloha, d'origine irlando-hawaïenne, prend ses premières vacances depuis bien longtemps.

Avant de s'embarquer pour son île natale, il est convié par la police de San-Francisco d'identifier le corps de Harry Lee, un dangereux malfrat chinois. Dans le cimetière où doit avoir lieu l'enterrement, puis à son hôtel, une jeune fille tente de lui mettre le grappin dessus. Aloha ne veut ni reculer ni annuler ses vacances, mais Gwen Cordovan réussit néanmoins à lui faire changer d'avis. Moins par ses arguments physiques et financiers, que parce qu'elle est la fille de Hope Starr, une femme qu'il a bien connu à la fin de la guerre. Obsédée sexuelle, Hope Starr en est à son cinquième ou sixième remariage, le dernier en date de ses maris étant le colonel Hare.

Hope a disparu, laissant des dettes derrière elle, et Gwen s'inquiète non seulement pour la santé de sa mère mais également pour son héritage qu'elle doit toucher à sa majorité. Un anniversaire qu'elle va fêter dans trois semaines environ.

De retour à Los Angeles, Aloha remonte la filière dans les différents hôtels où Hope a assouvi sa libido en compagnie d'un lieutenant de marine, Stan Michaels. Au cours de ses investigations, le détective est tabassé et dévalisé. Il oscille entre deux éventualités. Soit l'on en veut à sa vie à cause de Hope, soit des hommes de main de feu Harry Lee ne lui pardonnent pas son rôle dans l'arrestation et la mort de leur patron.

Dans le dernier hôtel miteux ayant abrité les amours des amants en fuite, Aloha met la main sur un bout de papier sur lequel est inscrite l'adresse du militaire. Sur le port, dans les entrepôts appartenant à la famille Michaels, il débouche en pleine fête. Hope et son petit ami doivent se marier le soir même. Une nouvelle que n'apprécient guère Gwen et le colonel Hare.

En compagnie de Gwen, Aloha se rend à Big Bear, station de ski où doit avoir lieu la cérémonie. Ils loue une chambre dans le même hôtel que les futurs époux. Le réceptionniste note la ressemblance entre la cliente rousse et la jeune fille blonde.

Le détective trouve le cadavre de Michaels tué par balles et ne fait qu'entrevoir la silhouette d'une personne qu'il pense être Hope. Celle-ci s'enfuit à bord de sa voiture, oubliant dans sa précipitation un manteau de fourrure. Aloha prévient la police et passe la nuit au poste. Le lendemain, remis en liberté, il échange ses impressions avec le lieutenant Anderson, de la police locale, tandis que Gwen retourne à Los Angeles en compagnie de ses avocats.

De retour chez lui Aloha s'apprête à recevoir Gwen, mais c'est un Chinois corpulent qui sonne à sa porte. Suite à un geste suspect de la part du visiteur, le Chinois est rapidement maîtrisé et Gwen peut enfin être reçue dignement. La jeune fille impatiente se déshabille rapidement et s'occupe de Johnny lorsque retentit un coup de feu. Le détective découvre sur son lit Hope Starr mortellement blessée. Il la trouve vieillie et ressemblant peu à sa fille. Elle tente de prononcer quelques mots mais Gwen, accablée par le chagrin l'empêche.

 

Johnny Aloha, détective privé hawaïen est le seul héros que Day Keene utilisera deux fois, l'autre roman étant Change pas de disque (SN 671). Si l'on retrouve dans ce roman les thèmes chers à l'auteur, misogynie et spectre de la guerre (Seconde guerre mondiale et Corée), on fait connaissance d'un personnage qui évolue dans un contexte différent des autres romans de Day Keene. Cette histoire oscille la plupart du temps dans un univers à la Carter Brown : astuces, humour, situations loufoques, érotisme bon enfant... en totale contradiction avec les précédentes œuvres keeniennes. Comme si Day Keene s'était offert une récréation.

Quant aux mœurs sexuelles de la fin des années 50, elles semblent bien mièvres de nos jours, même si les jeunes filles osaient aborder cette question taboue. Ainsi, peut-on lire, et sourire, devant la naïveté de cette réflexion émise par la secrétaire de Johnny Alohha : Me voilà arrivée à l'âge de dix-neuf piges, bientôt vingt, et toujours pucelle ! A Hollywood ! Si c'est pas une honte ! Je n'ose même pas le dire à ma meilleure amie.

 

Curiosité :

A la fin du roman, figure un lexique avec divers termes hawaïens, parmi lesquels Aloha qui signifie Bienvenue, Salut, Adieu, au choix.

La devise de l'agence Aloha : Avons du sang, sommes prêts à saigner !

 

Day KEENE : Vice sans fin. (Johnny Aloha - 1959. Titre américain : Dead in bed. Traduction de Paul Lavigne). Série Noire N°539. Parution décembre 1959. 192 pages.

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