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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 04:22

Donne-moi ta main et prends la mienne, l’école est finie…

Paul-Jacques BONZON : Les six compagnons au village englouti.

Et c’est ainsi qu’en ce début du mois d’août, les six Compagnons ont décidé de voyager jusqu’au lac de Maubrac où ils ont loué un gîte rural. Ah les vacances en Auvergne ! Ils en rêvaient, ils l’ont fait.

En réalité, le lac de Maubrac est un lac artificiel car une quinzaine d’années auparavant, un barrage a été construit, engloutissant le village de Maubrac-le-vieux. Seulement, lorsque nos six compagnons, Tidou et son chien-loup Kafi qu’il transporte dans une remorque accrochée à l’avant de son vélomoteur, La Guille, Gnafron, Le Tondu ainsi surnommé à cause de son crâne tonsuré à la suite d’une maladie, Bistèque le cuistot, et j’ai gardé le meilleur pour la fin de cette recension, la belle Mady, arrivent au bord du lac, c’est pour se rendre compte qu’il ne s’agit que d’une étendue marécageuse où ne reste qu’un semblant d’eau.

Le lac est vidé afin de permettre des réparations sur le barrage, des fissures ayant été détectées. Pas de pêche, pas de baignade au programme, il ne leur reste plus qu’à visiter la région. Mais auparavant il faut procéder à leur installation dans le gîte. Ils sont reçus quasiment les bras ouverts par leurs logeurs qui tiennent également un hôtel restaurant où ils pourront, pour une somme modique, prendre leurs repas, si le cœur et surtout le ventre leur en dit. Ce qu’ils ne manquent pas de faire, et comme de plus la popote est bonne, même si elle est rustique, ils y auront souvent recours.

Il n’y a guère de clients dans l’auberge. Deux hommes qui, selon l’hôtesse, sont géologues, et sont déjà venus l’année passée. Ils effectuent des recherches et des pointages sur la baisse des eaux et l’ancien village qui a été détruit et dont il ne subsiste que des ruines.

L’hôtelier leur narre la construction du barrage, le village sous les eaux, l’implantation des habitants dans Maubrac-le-haut, et surtout leur parle de Gambadou, qui aurait perdu la raison en même temps que sa maison. Depuis il vit dans son gourbi qu’il a construit de bric et de broc. Il a été élevé par son oncle et sa tante, qui étaient très riches et ont perdu la vie dans un accident quelques jours avant l’évacuation du village.

Une semaine plus tard, les six compagnons aperçoivent un individu boîteux s’avançant vers les terres découvertes par le lac. Il trébuche dans une mare et manque se noyer. Heureusement les six camarades se portent à son secours. Il s’agit de Gambadou qui se confie à ses jeunes sauveurs. Il est à la recherche d’un trésor que ses oncles et tantes auraient caché avant de mourir. Mais il a beau chercher il ne trouve rien. Pourtant un message codé désigne l’endroit où celui-ci aurait été enfoui.

Ce trésor semble intéresser d’autres personnes, car un message incitant les six compagnons à stopper leur aide à Gambadou leur est transmis. Gambadou lui-même n’est pas à l’abri d’une agression.

 

Une nouvelle aventure pour les six adolescents qui ne manque pas de charme mais est un peu naïve dans sa construction et dans les relations entre les personnages.

En effet, Gambadou le solitaire, le boîteux qui se méfie de tout et de tous, se confie sans réserve à Mady et ses compagnons. Comme ça, parce qu’ils lui ont sauvé la vie. Il leur montre le message qu’il a recopié de mémoire, une sorte de poème qu’il leur faut déchiffrer.

Ceux qui en ont après Gambadou ne sont guère nombreux. Un campeur irascible, et d’autres pensionnaires, outre les deux géologues déjà cités, arrivent à l’hôtel, invoquant diverses raisons pour justifier leur présence. Mais Kafi est là pour les aider dans leurs recherches, sauf pour décrypter le message codé. C’est un enseignant de Saint-Flour, ville située à une trentaine de kilomètres, qui leur fournira une piste. Le seul point véritablement intéressant dans cette histoire destinée aux jeunes adolescents.

Toutefois, l’épisode du barrage et la transhumance des habitants retiennent l’attention mais ne sont guère développés, l’auteur ne devant pas dépasser probablement une pagination exigée par la maison d’édition.

Et l’on se prend à rêver devant l’attitude de ces garçons et fille, et oui Mady est la seule représentante du sexe féminin avec cinq garçons, attitude courtoise et amicale qui ne dégénère jamais. Des amis soudés, voyageant seuls, sachant se débrouiller dans toutes les situations, n’étant pas empotés. Il me semble que de nos jours, peu de gamins de leur âge se montreraient aussi soudés et bienfaisants. Mais n’est-ce qu’une impression de vieux gaulois réfractaire !

 

Paul-Jacques BONZON : Les six compagnons au village englouti. Illustrations de Robert Bressy. Collection Bibliothèque Verte. Editions Hachette. Parution 11 juillet 1977. 190 pages. Nombreuses rééditions.

ISBN : 2010024877

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commentaires

Lekarr 24/10/2018 18:25

Jamais lu une aventure des 6 compagnons.
Côté bibliothèque verte matinée d'enquête policière, ma préférence allait à la série des Michel.

Oncle Paul 24/10/2018 18:43

La série des Michel de Georges Bayard a fait l'objet d'une étude de Michel Forcheron :
http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2014/11/michel-forcheron-michel-de-georges-bayard.html
A noter que Georges Bayard et Paul-Jacques Bonzon fut tous deux instituteurs et qu'ils se connaissaient puisque vivant non loin l'un de l'autre
Bonne soirée

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